Festiva ganoua
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HOMMAGE À FEU MAÂLEM MAHMOUD GUINEA

MAHMOUD EST MORT, GUINEA EST ÉTERNEL !

Il était l’une si ce n’est la figure emblématique du festival Gnaoua et sa participation à chacune des 18 éditions leur donnait du sens et de la profondeur. Pour ses 19 ans, le Festival Gnaoua et Musiques du monde se fera sans Mahmoud Guinea et son immense talent, lui qui a remis son guembri à son fils Hamza lors de la dernière édition comme pour crier au monde entier que Mahmoud est mort certes, mais que Guinea demeure éternel… Fier, charismatique et grand musicien, Mahmoud Guinea était la perle de Tagnaouite à Essaouira. Maâlem respecté et redouté, il a vu naître le festival et a participé à son évolution, l’a vu grandir, a vécu avec lui. Aujourd’hui, le rendez-vous musical pour les gnaoua et par les gnaoua est orphelin. Dans les coulisses, une phrase revient souvent. « Comment une édition du festival peut-elle avoir lieu sans maâlem Guinea ? ». La réponse est incertaine mais ce qui est sûr, c’est qu’il demeure dans les coeurs et que sa musique se transmet à travers ses élèves et à travers ses enfants. Le festival va d’ailleurs ouvrir ses rideaux sur un hommage au Maâlem que les organisateurs considéraient comme le gardien du temple.

La musique en héritage

De génération en génération, maître Guinea avait la musique dans le sang, dans les gênes, porté par une passion et un héritage familial. Lui dont le nom de famille rappelait l’ancrage africain et résonnait depuis la Guinée, Mahmoud Guinea a un grand père malien arrivé à Essaouira en 1927. Samba Guinea dont le patronyme combine à lui seul la musique, la danse et la magie de l’Afrique, était médecin caporal à l’époque, qui soignait également les troubles psychiques avec des séances de transe une fois par semaine. Une coutume dans laquelle a trempé Mahmoud Guinea grâce à son grand père et à son père : Boubker. D’ailleurs, Mahmoud assistait aux « Lilates » très jeune avant de tenir dans ses mains son premier guembri qu’il ne lâchera plus.

Un guembri spécialement fabriqué pour lui des mains de son père, et qu’il fabriquera à son tour pour son fils Houssam et qu’il lui remettra il y a moins d’un an lors de cette fameuse soirée de clôture de la 18ème édition du festival…

Un charisme sans faille

Il a su fructifier son héritage et le faire voyager, l’essayer à autre chose. Avant-gardiste, il ne se contentait pas d’animer les Lilas, il allait plus loin. Dans les années 70, il fait partie du groupe folk marocain « Lamchaheb » et défend un mouvement « Nayda » où la musique est engagée. Il est un des précurseurs en terme de fusions avec des jazzmen, il enregistre un album avec le saxophoniste Pharoah Sanders en 1991 intitulé : The Trance of Seven Colors. Dès lors, et grâce au festival Gnaoua, le grand Guinea s’internationalise et fait voyager sa musique au Japon, aux Etats Unis, au Moyen Orient et en Europe. Il partage la scène avec les plus grands sans jamais trembler, sans jamais être impressionné … Souvenez-vous, avec Carlos Santana, c’était en 1994 à Casablanca.

Par ce que le Maâlem c’était lui… Forte personnalité et doté d’un réel charisme, maâlem Guinea faisait partie de ces passionnés de musique, de ces puristes difficiles à gérer par l’humain car seulsla scène et le public comptaient. Il pouvait rester 3 heures d’affilée à jouer sans se soucier du line up ou de la programmation, il était en transe à chaque fois, et le public l’aimait pour cela. Authentique et fier, Mahmoud Guinea était parfois incompris, comme tous les grands génies de la musique. Il respirait la musique, vivait de la musique. Une interview avec les Inrocks avait révélé qu’il avait une dizaine de guembris, tous baptisés en fonction de ce que chaque instrument représentait. “Il y a « Antar » le conquérant, « Taous » le paon, parce qu’il fait le beau ; « Eraade », le tonnerre parce qu’il gronde ; « Aouicha » parce qu’il est le plus féminin de tous” confiait-il au journaliste Francis Dordor en 2013, deux ans avant sa disparition.

Il nous quitte ce 2 août 2015 en laissant la famille des Gnaoua orpheline, en laissant un vide au Festival Gnaoua et musique du Monde tout en léguant sa musique au monde…

Un hommage à la mémoire de ce grand artiste ponctuera cette 19ème édition, du concert d’ouverture, à la Zaouia des Gnaoua, à la soirée du samedi à la Place Moulay Hassan avec son fils Houssam au guembri, prêt à reprendre le flambeau et à l’emmener aussi loin que possible…».

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