Festiva ganoua
  • On y était : Festival d’Essaouira, la forteresse gnaoua / Les Inrocks - jeudi 19 mai

La 19ème édition du Festival Gnaoua et Musiques du monde s’est tenue ce week-end à Essaouira. Un lieu mirifique pour cette musique euphorisante, qui jamais ne baisse la garde de sa quête identitaire.

Comment sonne la mélancolie quand les vents tournoyants la filtrent ? Cette 19ème édition du Festival d’Essaouira marquera les esprits comme le moment charnière où la musique gnaouie a dû changer d’époque et envisager, non sans émotion, un avenir incertain. La disparition en 2015 du célèbre maâlem Mahmoud Guinea est venue rappeler l’humanité, mais aussi la fragilité, d’une musique que l’on imaginait dure au mal et sèche comme de la peau tannée. Dotés d’une aura quasi-surnaturelle, les maâlems, les fameux maîtres de cérémonie, semblaient jusqu’ici préservés de l’usure du temps par les bienfaits de leur potion magique (envoûtement des basses guembri, acupuncture des crotales de métal, tambours euphorisants et divers onguents spirituels). Mais soigner les corps noués et les âmes meurtries ne garantit pas l’impunité. L’an passé, le Festival s’était clos avec le dernier concert officiel d’un Guinea affaibli, pour un adieu déchirant. Sur la majestueuse scène Moulay Hassan, face à une foule en larmes, le père spirituel de la gnaoua avait passé le flambeau à son fils Houssam. Son guembri, ce luth rectangulaire au son de basse plus profond qu’une douve, avait changé de mains, et de génération. Une sortie d’une dignité absolue. Petit-fils d’un «médecin caporal» malien, lequel soignait lui aussi les troubles psychotiques avec de la transe, Mahmoud Guinea était devenu un chef de file mondialement respecté, à l’égal d’un Muddy Waters ou d’un BB King marocain.

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